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 it's not torture, it's God's will (Ezra)

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MessageSujet: it's not torture, it's God's will (Ezra)   Mar 17 Nov - 0:12



Ezra & Sampsa

it's not torture, it's God's will

Une balade au clair de lune dans les quartiers défavorisés d’Edimbourg engloutie par la noirceur automnale. Qui n’en rêve pas ? C’est romantique à souhait. Enfin, si par romantique vous entendez sordide. Je déambule donc en tripotant mon briquet, perdu dans mes pensées, jouant avec les maigres flammes qui apparaissent, longeant les murs pour ne pas faire de mauvaises rencontres qui me retarderaient pour rien. Pas que j’aie peur. Les coquards et les côtes fêlées font partie de mon quotidien, et je suis un bagarreur des plus assidus. Une vraie teigne. Quand je n’ai pas autre chose à faire. Ces quartiers n’ont rien à voir avec Southside. Eclairé toute la nuit par des réverbères classieux, des vigiles qui font des rondes, des rottweilers dans tous les jardins. Un quartier de riches, quoi. Je n’aime pas Southside, même si j’y ai acheté une villa victorienne hors de prix. J’utilise trois pièces : chambre, salle de bain, bureau. Tout semble vide parce que je n’ai acheté que le strict nécessaire, les trois cartons que j’ai ramenés d’Helsinki traînent encore dans le salon. Le reste, ce ne sont que des éléments disparates issus de mes absurdes virées shopping. Une centrifugeuse dernier cri – je ne sais même pas à quoi ça sert, un miroir style Louis XV, une chaise tellement design qu’on ne peut pas s’y asseoir… Moi-même je comprends rien à ma décoration. Bientôt, la maison sera remplie de ces objets inutiles. Mais pour l’instant, c’est vide. Un vide oppressant. J’aurais dû prendre un studio dans le centre-ville plutôt que de claquer du fric dans l’immobilier écossais. Quand j’écris, je n’ai pas besoin de grand-chose, juste de ma machine à écrire, de thé matcha et de graines de tournesol. Le reste de mon temps, je le passe au QG de la Holy Trinity. Ou à errer dans les rues. Pour enquêter. Précisément ce qui m’a conduit à l’extérieur cette nuit, profitant de mon habituelle insomnie pour observer les créatures nocturnes d’un peu plus près.

Il est très tard. Ou très tôt, tout dépend du point de vue. L’heure idéale, la fin de son service. Je veux voir ce qu’il fait après. Le bar où il bosse est assez mal fréquenté, des noctambules aux airs malsains que je soupçonne pour beaucoup d’être des vampires. Il ouvre tard, ferme tôt, toujours un peu avant le lever du soleil. Je me poste à l’arrière du bar, dans l’ombre, juste en face de la porte de service, à côté de la benne à ordures. Ma cible ne devrait pas tarder. Ezra, le barman. Je l’ai rencontré au Hive, tombé par hasard sur ce bar une de ces innombrables nuits où le marchand de sable refuse de refermer ses griffes sur moi. Ce qui a attiré mon attention ? Son âge. Cet air enfantin, innocent. Un adolescent, je ne lui donne même pas dix-huit ans, sérieux. L’idée que cette jeunesse n’est peut-être qu’apparente m’a instantanément traversé l’esprit. Ça n’a pas de sens d’être barman si jeune (c’est même illégal non, quand on n’est pas majeur ?), en plus dans un bar aussi lugubre, qui ouvre jusqu’à pas d’heure. Soit parce que je suis parano et que je vois des suceurs de sang partout, soit parce que c’est fondé. Il est mignon, Ezra. Adorable comme un chaton qu’on a envie de cajoler. Non pas que j’ai envie de le câliner. Je crois qu’il me trouble plus par sa peau d’albâtre et ce charme étrange qui émane de sa personne. Nul doute qu’il fait partie de ces monstres qui vous séduisent pour mieux vous arracher la jugulaire et boire à votre cou. Mon instinct me le dit, mes tripes surtout. Je sens que je le hais, au fond de moi-même. De cette haine viscérale qui dicte tous mes actes, toutes mes pensées. De cette haine qui me maintient en vie. Sans elle, je n’aurais pas de raison d’exister. Elle me dévore à tout instant, comblant tous mes vagues à l’âme de douleurs insidieuses et de machinations vengeresses.

Un éclat roux attire mon regard perdu dans le vide. Enfin. Il sort de sa tanière, l’air d’une biche aux abois. Je crois qu’il est le dernier à partir. D’autres serveurs, barmans et employés divers sont déjà passés devant moi sans me remarquer, tapi dans l’ombre tel un fauve en partie de chasse. Son air innocent me fait tourner le cœur. Comment peut-on avoir cet air en s’abreuvant de sang humain ? Je me trompe peut-être de cible, je lui laisse le bénéfice du doute. Pour l’instant. Je quitte l’obscurité pour le faible halo du lampadaire vieillissant de la ruelle, me dévoilant à lui sans trop de cérémonie. Il doit me reconnaître, comme le type qui lui commande une eau minérale un soir par semaine. Je me rapproche de lui, réduisant la distance déjà dérisoire entre nous. D’un geste rapide, doté d’une dextérité exemplaire, je lui enserre le poignet dans une fine chaîne d’argent, faisant plusieurs tours pour être sûre qu’elle ne cède pas. Tout vampire aurait le bras immobilisé par l’argent, un stratagème aisé pour vérifier ses soupçons, qui ne fait pas de casse si jamais il y a erreur sur la personne (une petite brûlure et on porte plainte pour coups et blessures de nos jours). Prêt à parer la moindre contre-attaque, le briquet dans l’autre main, j’hausse un sourcil. « C’est juste un test, voyons si tu te plantes. » Je le scrute, le doute m’assaille devant sa surprise, plongeant mon regard au fond du sien, j’attends en silence sa réaction. Au pire, je plaide la folie.
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MessageSujet: Re: it's not torture, it's God's will (Ezra)   Jeu 24 Déc - 1:23


L’euphorie de la soirée me laisse fébrile. Je peux encore sentir la chaleur de sa peau contre la mienne, lorsqu’il est venu me chercher à la fin de mon service. Engourdi par la musique, je l’ai suivi sans la moindre résistance. Je savais ce qu’il voulait, c’était une habitude entre nous, un petit jeu. Il aime les sensations que lui procure ma morsure et de mon côté, je me délecte du parfum sucré de son sang. Il est divin. Après bien sûr, lorsque ses mains s’égarent sur mon corps, je laisse un tout autre instinct prendre le dessus. Le besoin pressant de satisfaire mon désir me pousse dans ses bras, tandis qu’il m’arrache quelques frissons d’extase. Aucun doute, il n’y a pas de meilleur moyen de finir une soirée avant de rentrer à la maison. Je sais que mes colocs dorment déjà, alors je ne suis pas vraiment pressé de me retrouver seul dans ma chambre à chercher le sommeil dès les premières lueurs du jour. Je déteste la solitude… Surtout quand vient le moment de dormir. Même lorsque j’ai eu une soirée éprouvante ou que je n’ai pas eu le loisir d’étancher ma soif, le repos ne se manifeste pas facilement. Parfois, je peux passer des heures à écrire, lire, ou même dessiner, alors que la musique tente vainement de m’attirer dans les bras de Morphée.  

Encore une fois, je suis le dernier à sortir du Hive, tous mes collègues sont déjà rentrés chez eux. Pourtant, une ombre attire mon attention et avant que je n'aie eu le temps de réagir, un homme se tient devant moi. Son visage m'est étrangement familier. Ce mec vient me commander une eau minérale chaque semaine. Difficile d'oublier un tel client dans un lieu où personne d'autre ne boit d'eau. Mais je ne comprends pas ce qu'il me veut... Après tout, il ne s'est jamais particulièrement intéressé à moi auparavant. Pourtant, il s'approche rapidement de moi, et quelque chose dans son attitude me met mal à l'aise... Je ne saurais dire de quoi il s'agit. Il est plutôt séduisant, mais son regard me glace le sang. Soudain, un éclair argenté traverse mon champ de vision, mais avant que je n'aie pu prendre la fuite, une chaîne en argent vient enserrer mon poignet. Immobilisé, je commence à paniquer. Qui est-il ? Comment sait-il ce que je suis et comment me piéger de la sorte ? « C’est juste un test, voyons si tu te plantes. » Pourquoi s'en prend-il à moi ? Je ne blesse jamais les humains. Rien que l'idée m'insupporte et c'est pour ça que j'ai pris la fuite, prenant le risque que mon créateur ne me tue pour un tel affront. Je n'ai rien d'un tueur, et je ne dérobe jamais leur sang sans leur consentement. « Un test ? Mais pourquoi ? » Ma voix tremble plus que je ne le voudrais. Je suis effrayé. Je n'ai jamais été courageux, et mes dons de vampires n'ont rien changé à ma nature fragile et à mon instinct de survie exacerbé.  

« Je n'ai jamais blessé qui que ce soit volontairement.... » A quoi bon ? Il ne me croira jamais, je le sais bien, je connais ce genre de chasseurs et rien de ce que je pourrais lui dire ne lui ferait oublier le monstre qu'il voit en moi. « Qu'est-ce que tu attends de moi ? Tu veux m'humilier ? Te servir de moi ? Vas-y, je ne t'en empêcherai pas... » Un soupir résigné s'échappe de mes lèvres. « Ce n'est pas comme si je savais me battre de toute façon... » C'est la pure vérité. Si je suis encore en vie, c'est parce que mon créateur veillait sur moi lorsque je voyageais avec lui. Depuis que je l'ai quitté, je suis une cible facile. Vulnérable, comme un enfant abandonné. Beaucoup en aurait profité, mais celui là va sûrement se contenter de me tuer. Je ne suis pas prêt à mourir. Malgré mes deux siècles d'existence, j'ai comme un goût d'inachevé. Une peur viscérale de quitter ce monde avant d'avoir connu les seules saveurs qui vaillent vraiment la peine d'avoir vécu. Ou peut-être n'est-ce que les divagations d'un être effrayé à l'idée de disparaître sans avoir eu le courage de vivre vraiment.
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MessageSujet: Re: it's not torture, it's God's will (Ezra)   Jeu 7 Jan - 23:01



Ezra & Sampsa

it's not torture, it's God's will

Il suffit de quelques secondes pour répondre à ma question. L’air indifférent, je regarde la chaîne d’argent marquer légèrement sa peau, emprisonnant sa main et son bras dans une immobilité parfaite. C’est délirant. Une faiblesse aussi stupide. Je jubile. Je jubile à chaque fois que mes soupçons se révèlent exacts et fondés. A chaque fois que mon enquête aboutit à ce résultat. Je jubile de savoir que je pourrais écrire dans mon registre à la couverture de cuir qu’un tel est un vampire à abattre, si l’envie m’en prend une nuit. Je jubile parce que ça m’aide à contrôler ma folie. Cette folie qui me ronge peu à peu, jour après jour, qui n’a pas cessé depuis qu’un être abject et sanguinaire a sauvagement arraché la jugulaire de ma mère, ne laissant en moi qu’un sombre souvenir, celui du sang sur la neige, pour oublier son cou déchiqueté, son regard horrifié, pétrifié par la mort. Alors je tiens mon registre, note mes expériences sur leurs points faibles, vit comme un moine dans une existence bien réglée, minutée, définissant tout ce que je dois manger, boire, lire, écrire, faire… Jusqu’à cet ultime moment libérateur qui ne s’est toujours pas présenté à l’horizon. Prier Dieu d’enfin me donner la chance de me débarrasser de l’assassin de ma mère. Chaque jour qui passe, j’espère le rencontrer, j’espère stupidement qu’il sera assez orgueilleux, assez fier de son crime pour me le dire. J’espère que je serai assez fort. Je ne peux pas tuer. Pas avant lui. Je ne veux pas être blasé quand l’occasion se présentera d’assouvir ma réelle vengeance. Je ne veux pas seulement le tuer. Je veux le torturer. Lui laisser l’espoir qu’il pourrait vivre, si tant est qu’on peut qualifier ces monstres de vivants. C’est leur vulnérabilité que je veux, qui m’apaise. Et ce soir, je suis servi avec mon petit barman buveur de sang. Il ressemble à un chiot apeuré. Il ne tente aucunement de se débattre, de m’effrayer. Il essaye de me convaincre qu’il est… gentil ? « Ferme-la. Je ne te ferai aucun mal, sauf si tu continues à causer. Surtout pour m’expliquer que tu es un pauvre petit innocent. » Quoi ? Je ne mens pas. En tout cas, je ne le tuerai pas, c’est certain. Rangeant mon briquet dans ma poche, je le fais basculer sur le sol d’une prise de judo, finissant de l’entraver avec des chaînes d’argent, une à son autre poignet et une autour du cou. Je m’accroupis près de lui et le fixe, dans un silence de mort. Je sais, je suis creepy. Je le suis toujours quand je m’amuse vraiment.

Je ressors mon briquet, le faisant tourner entre mes doigts, jouant avec la flamme du bout des phalanges. « Je ne fume pas, au cas où tu te poserai la question. » Je lui adresse un sourire bien dérangé comme j’en ai le secret. « Bon, Ezra. On ne va pas attendre l’aube. Ça serait gênant pour toi, non ? » Ok, mes vannes à la con, je devrais les garder pour moi. « Il faut que les choses soient claires entre nous. Tu ne devrais pas exister. Ton existence est une aberration. Dieu n’a pas voulu ton existence, et Il veut très certainement que tu disparaisses. Tu peux te raconter ce que tu veux pour te sentir mieux, mais tu bois du sang humain. Tu es un monstre. A ta place, je me laisserais cramer au Soleil. » J’aime beaucoup ce discours. Je sais, c’est comme si j’essayais de me convaincre moi-même du bien-fondé de mes actions. Il faut avouer que, parfois, je me sens un peu perdu, surtout depuis que j’ai réalisé que la HTC me fout dans le même panier qu’eux. Et puis, Ezra, en victime… a vraiment l’air d’une victime. C’est assez troublant. Je dois me recentrer. Ne pas oublier ce qu’il est. « Est-ce que tu connais, par hasard, une erreur de la nature de ton espèce qui aurait séjourné en Finlande, il y a plus ou moins quinze ans ? » Je profite toujours d’être en position dominante pour faire de l’investigation sur ma cible principale. Ce serait idiot de m’en priver. Après tout, c’est lui que je recherche depuis que j’ai débarqué en Ecosse. Lui et uniquement lui. Le reste, c’est juste pour me divertir. Il faut bien s’aérer l’esprit de temps en temps. J’imagine que les goules ont leurs réseaux, qu’elles se connaissent et se reconnaissent entre elles. Comme moi je reconnais les chasseurs de la Holy Trinity quand j’en croise un. Il est vrai, cependant, que mes précédentes parties de chasse ne m’ont rien apporté de concluant, ce qui est toujours décevant. Quand on part à la chasse, tout le monde aime revenir avec un petit quelque chose, même infime.
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MessageSujet: Re: it's not torture, it's God's will (Ezra)   Jeu 14 Jan - 1:45


La peur me tétanise, je ne peux pas le cacher. Il peut me tuer, je le sais, je le sens. Et même si j'ai déjà assez vécu, je ne peux pas m'empêcher de croire que quelques années de plus ne seraient pas de trop pour profiter de la vie. Mais ce mec-là, il se fiche bien de ce que je veux. Pour lui, je ne suis qu'une abomination, je peux le lire dans son regard. « Ferme-la. Je ne te ferai aucun mal, sauf si tu continues à causer. Surtout pour m’expliquer que tu es un pauvre petit innocent. » Alors je me tais. Je l'écouterai, si c'est-ce qu'il veut. Mais où est-ce que ça pourrait bien nous mener. S'il ne veut pas me tuer, qu'est-ce qu'il cherche au juste ? Peut-être qu'il est juste complètement dingue, après tout... Soudain, il me fait basculer sur le sol, sans que je ne puisse comprendre ce qui m'arrive. Il en profite alors pour finir de m'entraver avec une chaise en argent autour de mon autre poignet et une dernière autour de mon cou. Je suffoque, je panique. Je voudrais pouvoir m'enfuir. Mais je ne mentais pas quand je disais que je ne savais ni me battre, ni me défendre. Malheureusement d'ailleurs. Parce que lorsqu'il s'accroupit et me fixe de son regard fou, je donnerais n'importe quoi pour pouvoir lui échapper... Mais ce n'est que lorsqu'il ressort son briquet que je sens vraiment l'angoisse monter en moi. Mourir brûler est bien la mort la plus douloureuse qu'il peut m'infliger et un frisson d'effroi me parcourt l'échine à cette idée.  

« Je ne fume pas, au cas où tu te poserai la question. »
Je ne pose même pas la question. Et ce n'est pas son sourire - celui d'un psychopathe qui joue avec sa proie - qui me rassure à ce sujet, loin de là. « Bon, Ezra. On ne va pas attendre l’aube. Ça serait gênant pour toi, non ? » Son sadisme n'est plus à prouver et je me demande bien s'il ne va pas finir par me laisser attaché ici jusqu'au levé du jour. J'ai toujours pensé que je reverrai le soleil une dernière fois, juste avant de mourir. Cette mort a quelque chose de poétique, surtout pour un vampire, et un poète tel que moi. La lumière du jour me manque bien plus que je ne veux bien l'admettre, mais ça fait partie du jeu, des contraintes liées à ma condition. « Il faut que les choses soient claires entre nous. Tu ne devrais pas exister. Ton existence est une aberration. Dieu n’a pas voulu ton existence, et Il veut très certainement que tu disparaisses. Tu peux te raconter ce que tu veux pour te sentir mieux, mais tu bois du sang humain. Tu es un monstre. A ta place, je me laisserais cramer au Soleil. » J'aimerais pouvoir le contredire à ce sujet et me défendre. Mais au fond, je sais bien qu'il a raison, que je ne devrais plus exister depuis longtemps. J'aurais dû mourir à l'aube de mes dix-sept ans, emporté par la maladie. Si mon créateur ne m'avait pas sauvé, pour son propre plaisir personnel. Aujourd'hui, je me réjouis de ne pas être mort, pourtant, je regrette d'avoir dû renoncer à mon humanité. Ma vie n'a plus la même saveur à présent. Mais je ne suis pas mort et je n'ai pas non plus cherché à mourir, alors je suis responsable de ce qui m'arrive.  

« J'ai conscience que je ne devrais même plus exister, que j'aurais dû mourir à dix-sept ans. J'étais malade, mon heure était venue, j'aurais dû l'accepter, accueillir la mort... Mais quand il m'a offert l'éternité à ses côtés, je n'ai pas pu refuser. J'ai cru qu'il m'aimait... Je... Je ne sais pas ce que j'imaginais... » Sûrement une vie meilleure. Une vie que je n'ai jamais pu entrevoir lorsque j'étais sous son emprise. Mais suis-je vraiment libre à présent ? Rien n'est mon sûr. « Est-ce que tu connais, par hasard, une erreur de la nature de ton espèce qui aurait séjourné en Finlande, il y a plus ou moins quinze ans ? » Surpris, je fronce les sourcils. Est-ce qu'il est sérieux ? Il pense vraiment que je peux reconnaître l'un des miens juste en me disant qu'il a vécu en Finlande à une date donnée. La plupart des miens sont toujours en mouvement et aucun d'entre eux ne nous en fait l'inventaire détaillé de ses déplacements, ou disons que c'est plutôt rare. Sans compter que je suis sans doute le plus faible d'entre nous, alors il est plutôt rare que l'un d'eux ne me considère comme un égal. Généralement, ils me désignent rapidement comme un subalterne utile et non comme un confident. Ce qui est particulièrement humiliant. Mais je me refuse à devenir une de ces brutes qu'ils respectent tant. « Il y a sûrement des milliers de vampires pouvant correspondre à ce critère... Même si aucun ne me vient à l'esprit, puisqu'il est rare que l'on vienne se confier à moi, que ce soit sur ses voyages passés, ou sur toute autre chose d'ailleurs. Ils ne s'intéressent qu'à moi que si je peux leur être utile à quelque chose. » Et je dois admettre que c'est malheureusement plutôt rare. Enfin, sauf s'ils ont besoin d'un appart innocent ou d'un amant plutôt docile. Ce dont je ne suis pas vraiment fier d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: it's not torture, it's God's will (Ezra)   Sam 23 Jan - 23:15



Ezra & Sampsa

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J’avoue. J’ai rarement des proies aussi conciliantes. C’est juste pathétique, là. Je m’en voudrais presque à moi-même de m’en être pris à lui. Presque. Il reste une erreur de la nature. Soyons clair là-dessus, j’ai une répulsion absolument irrévocable pour les vampires. Aussi mignons soient-ils. D’ailleurs, j’en peux plus de les voir tous aussi charmants, sublimes, séduisants. Pourquoi Dieu les a-t-il faits si beaux ? Pour nous soumettre à la tentation ? Pour rendre la tâche plus ardue aux chasseurs, qu’ils gagnent leur noblesse à travers de grandes épreuves ? Ouais. Assurément. C’est sûr, ça aurait été nettement plus facile s’ils avaient eu la gueule de Nosferatu dans le film. On les aurait repérés en moins de deux. Et tout le monde aurait voulu s’en débarrasser, même les plus pacifistes d’entre nous. Quand j’étais petit, je pensais qu’ils ressemblaient à ça. Comme ma mère les décrivait comme des êtres sanguinaires et sans merci, j’avais forcément conclu qu’ils devaient avoir une apparence monstrueuse. Le film m’avait inspiré bien des cauchemars dans mon enfance. Chauve, les oreilles pointues, deux incisives longues comme celles des lapins mais plus affûtées, les doigts crochus avec des ongles taillés en pointe, blafard comme un cadavre. Voilà l’image générique du vampire qui trottait dans ma tête quand j’avais sept ans. Vous imaginez l’horreur que ça a été de découvrir que certains étaient plus bronzés que moi ? Un véritable traumatisme. Bref. Ezra est en train d’abonder dans mon sens en me racontant sa vie. Euh, on n’est pas en thérapie. Bien sûr, qu’il aurait dû accepter la mort. La mort, c’est la volonté de Dieu. Refuser la mort, c’est un blasphème. Vivre pour l’éternité, c’est pire que tout. C’est juste… contre-nature. « Je suis pas ton psy. » Je lâche ça d’un ton froid et blasé. Ouais, c’est cruel, mais je dois rester dans le sarcasme et le cynisme pour ne pas m’attendrir. C’est perturbant, à force. Sérieux, j’ai l’impression de m’attaquer à un collégien tout ce qu’il y a de plus humain.

J’attends sa réponse à ma question subsidiaire d’un air sceptique. Ezra ne doit pas connaître le monstre qui a causé le carnage sur le corps de ma défunte mère. Il ne doit pas être très influent. Ou alors il cache bien son jeu. Enfin, il vaut mieux vérifier, on ne sait jamais. Comme prévu, il ne sait rien au sujet d’un vampire ayant séjourné en Finlande il y a de cela quinze ans. Toujours la même réponse. Personne ne sait. J’ignore pourquoi je cherche encore, pourquoi je nourris encore ce stupide espoir d’assouvir cette vengeance personnelle avant toute autre. Ces maudites choses ne se racontent pas leurs exploits entre elles, il n’existe pas de chroniques des vampires relatant tous leurs meurtres, apparemment, quel dommage. Peut-être que je devrais tuer. Tant pis pour celui qui a assassiné ma mère, son heure viendrait plus tard. Autant commencer tout de suite la purge. Débarrasser ce monde de ces parasites. Mes yeux se posent sur Ezra. Fixes. Regardant droit dans les siens. Commencer par lui ? Je ne peux empêcher un sourire amer de fleurir sur mes lèvres. Ce serait tellement facile. « Trop facile. » Je murmure ces deux mots, pensif. Sa vie ne tient qu’à un fil entre mes doigts. Il n’est qu’un insecte sur lequel je soulève ma loupe, prêt à le faire cramer à l’aide d’un rayon de soleil. Je suis tout-puissant. Littéralement. Qui pourrait le sauver ? Seulement ma clémence. Je me prendrais presque pour Dieu. D’un geste machinal, j’attrape la croix autour de mon cou, la serre entre mes phalanges. J’essaye de me calmer. Calmer ma haine. Ne pas perdre de vue mes objectifs. Ce ne sera pas pour aujourd’hui. Je me penche à nouveau au-dessus de lui, le forçant d’une main à ouvrir la bouche. « T’as de la chance, je suis de bonne humeur. Avale ça et je te laisse tranquille. » Je lui enfonce quelques feuilles de verveine dans la gorge, histoire de le mettre hors service pour quand je partirai. Je sais bien qu’il n’aurait aucun mal à me choper si jamais je lui tourne le dos et baisse ma garde. La verveine affaiblit les vampires de manière efficace et inhibe leur pouvoir d’hypnose. J’ai lu ça dans des manuels obscurs qu’il faut connaître pour les trouver, et je l’ai testé sur de nombreuses cibles, avec des résultats plus que concluants. Une fois m’être assuré qu’il a ingurgité la plante, je récupère les chaînes d’argent, de manière très professionnelle. Je me relève, lui fais un signe de la tête, le toisant de toute ma hauteur alors qu’il est toujours à terre. « Je reviendrai pour toi un jour. Et je ne serai pas aussi indulgent. Profite bien de ce sursis. » Sans rien ajouter, je quitte la ruelle, petit théâtre de mes sombres démons.  
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