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 Some questions are better left unspoken ♢ Cináed

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MessageSujet: Some questions are better left unspoken ♢ Cináed   Jeu 11 Fév - 21:28

Some questions are better left unspoken
Cináed
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Charly








Some answers are better left unknown Δ

La volonté qui avait guidée les pas de Charly jusqu'à la porte de l'immeuble semblait soudain l'avoir désertée. Elle avait été si sûre d'elle pourtant, mais peut-être était-ce parce qu'elle ne s'était pas laissé le temps de la réflexion, ni même celui de changer d'avis à vrai dire. L'étudiante ne cédait que rarement à l'impulsivité, d'une nature calme et posée elle préférait prendre le temps de réfléchir avant d'agir. Mais là, elle avait été consciente que si elle s'autorisait le moindre instant de réflexion, elle ferait demi-tour, et ce n'était pas ce qu'elle voulait. Pas après tout ce qu'elle avait vécu ces dernières semaines et toutes les questions qui la torturaient depuis. Elle avait eu bien assez de temps pour réfléchir, elle en avait assez, si elle voulait comprendre ce qu'il lui arrivait elle devait agir. Sinon tout ça allait la rendre folle. Pourtant, Charly n’avait jamais été une personne impulsive et imprévisible, bien sûr tout le monde ne pouvait pas deviner ses réactions, et encore moins ses pensées, mais elle n’agissait que rarement sur un coup de tête. Elle prenait toujours le temps d'étudier la situation dans laquelle elle se trouvait et elle essayait d’envisager toutes les options qui s’offraient à elle pour pouvoir prendre la meilleure décision. Elle savait que parfois la réflexion était la meilleure des alternatives, celle qui l’empêcherait de foncer dans le mur. La seule fois où l’impulsivité avait réellement dicté ses réactions, elle s’était retrouvée acceptée à l'université d’Édimbourg, et quelques mois après elle quittait sa famille et tout ce qu'elle connaissait pour s'installer dans une ville inconnue. Si elle ne regrettait pas cette décision, elle avait vu où l’impulsivité pouvait la mener et elle n’était pas désireuse de retenter l’expérience de si tôt. Si elle avait parfois regretté que son caractère soit trop doux et conciliant, elle n’avait jamais cherché à le changer. Elle savait que c’était inutile et que si elle se forçait à être quelqu’un d’autre, elle ne parviendrait qu’à se rendre malheureuse. Pourtant, en cet instant, face à la porte d'un inconnu et à toutes ses questions sans réponses, elle aurait voulu être différente. Plus sûre d’elle. Elle voulait s'affirmer. Oser. Malgré son caractère facile, elle ne se laissait pas marcher sur les pieds, mais ce n’était pas pour autant que c'était toujours simple pour elle. Au fonds, elle ne savait pas vraiment d'où lui était venu cet élan impulsif, se présenter de la sorte chez une personne qu'elle ne connaissait pas, ça lui ressemblait peu. Mais la vérité c'était que depuis son agression sur le campus, il lui arrivait de ne plus se reconnaitre, et ça lui faisait peur. Elle qui était habituellement calme et posée était victime de sautes d'humeur aussi incontrôlables qu'inattendus, des bouffées de mécontentement venaient obscurcir son jugement et elle ne savait quoi en penser. Mais ce n'était pas tout, même son organisme semblait vouloir s'amuser à semer le trouble dans son esprit, la morsure que portait son bras et les autres vestiges qu'elle avait récolté la nuit de son attaque -plusieurs bleus et égratignures plus ou moins profondes et étendues- avaient guéris à une vitesse qui lui avait paru peu habituelle et assez inquiétante. Ses sens avaient également rejoint la danse étrange dans laquelle son corps s'était lancé, elle avait l'impression qu'ils étaient soudainement plus fins, plus alertes, comme si elle pouvait sentir les choses arriver. Bien sûr, tous ces bouleversements étaient difficiles à vivre pour elle, surtout qu'ils lui provoquaient des vertiges et maux de têtes insupportables. Elle avait cru que tout ça était un contrecoup de son agression, une sorte de syndrome post-traumatique, elle avait voulu s'en persuader. Mais, elle devait voir les choses en face, cela faisait déjà plusieurs semaines et surtout, après la nuit qu'elle venait de vivre à la Burns night, elle n'était plus sûre de rien.

De cette nuit elle ne conservait que quelques brides de souvenirs, mais c'était bien assez tant ils étaient vifs et sanglants. Alors qu'elle s'apprêtait à franchir les portes de la salle avec Max pour l'éloigner de se cauchemar, une femme à la peau pâle l'avait agrippée par les épaules et forcé la rencontre de leurs regards. Elle avait plongé dans ses prunelles des yeux perçants et d'une voix étrange, aussi douceâtre que menaçante, elle lui avait ordonné d'oublier tout ce qu'elle venait de vivre. De le supprimer de son esprit à jamais. Quand elle l'avait enfin lâchée, Charly s'était trouvée chancelante et frissonnante avant que la main de Max ne retrouve la sienne pour la mener dans un endroit plus tranquille. L'étudiante ignorait à quoi cette étrangère avait voulu jouer avec elle, mais de toute évidence cela n'avait eu aucun effet, car elle se souvenait toujours de ce qu'elle avait vécu. Du moins, ce que son esprit embrouillé n'avait pas bloqué. Elle se rappelait le début calme de la soirée jusqu'à ce que l'arrivée de Sampsa ne l'irrite et que tout bascule. Étaient venus les cris et la violence, les invités qui se jetaient les uns sur les autres et les formes animales qui s'étaient mêlée à la foule. Et la douleur terrible qui s'était immiscée par tous les pores de sa peau, la torturant sans relâche. Elle avait eu l'impression que dans ses veines se déversait un poison mortel, que ses organes se tordaient, que son crâne allait exploser et que ses membres menaçaient de céder sous la souffrance. Elle avait été blessée ce soir là, par la violence des autres, elle en portait encore les traces sous quelques pansements et un bandage qui lui enserrait l'épaule gauche, même si ses plaies guérissaient à une allure étrange. Mais rien n'avait été pire que cette douleur intérieur. Aujourd'hui encore elle ignorait ce qu'il avait pu se passer, il avait dû y avoir quelque chose dans son verre, c'était la seule explication à tout ce qu'elle avait vu et subit. Ces animaux, ces gens qu'elle avait vu en mordre d'autres, ce n'était pas possible. Son esprit devait avoir tout inventé. Elle essayait de faire preuve de logique mais tout ça n'avait aucun sens et ça allait la rendre folle.

Depuis son agression elle avait l'impression qu'elle marchait sur un fil, qu'elle était prête à basculer à tout moment. Comme si quelque chose n'allait pas chez elle mais qu'elle ignorait quoi. Maintenant c'était encore pire. Elle était complètement perdue et elle sentait qu'elle était sur le point de craquer si elle ne trouvait pas de réponses à ses questions. Sa fébrilité semblait avoir encore augmentée aujourd'hui, Charly se sentait à fleur de peau, sur les nerfs. Elle ne s'était jamais sentie aussi mal et ça ne faisait qu'augmenter son inquiétude. Plus les heures s’égrainaient, plus elle se sentait mal, comme si elle couvait quelque chose. Alors elle avait décidé de ne pas réfléchir pour une fois, d'écouter son instinct, cette impulsivité dont elle ignorait tout jusqu'à maintenant. Une fois ses cours terminés, et sans prendre le temps de changer d'avis, elle avait enfourché son vélo et s'était dirigé vers le quartier nord de la ville, elle s'était arrêté devant un immeuble qu'elle connaissait mal et elle y était entré avec un objectif de plus en plus flou en tête. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour trouver le nom de celui qu'elle cherchait, et encore moins pour se trouver devant sa porte. Lui, c'était celui qui lui avait certainement sauvé la vie le jour de son agression et qui avait peut être plus d'informations à lui donner sur la personne qui l'avait attaqué cette nuit là, sur ce qu'il lui avait fait exactement pour expliquer son état. Elle l'avait vu lors de la Burns night, du moins elle pensait l'avoir aperçu à travers le voile de douleur qui avait couvert son regard. Cináed L. McIntyre. Elle s'arrêta devant la porte qu'elle se souvenait avoir franchi quelques semaines plus tôt, complètement perdue. C'était là qu'il l'avait amené après son agression, mais si il lui avait donné son prénom elle n'avait rien réussi à tirer de plus de lui, de toute manière elle n'était pas assez en forme pour essayer de lui arracher des réponses. Alors elle avait quitté les lieux, tremblante et hébétée. Elle avait même oublier de le remercier, tellement elle avait été sous le choc, mais elle comptait bien se rattraper aujourd'hui, et en profiter pour obtenir plus que les quelques paroles qu'il avait grogné à contre cœur. Mais arrivée devant le fait accompli elle hésita, ce n'était pas son genre de se pointer chez un inconnu, surtout en pleine soirée. Elle secoua les mains avant de les passer dans ses cheveux pour tenter de se reprendre. Et avant qu'elle ne puisse accorder une pensée de plus sur ce qu'elle s'apprêtait à faire elle tendit son poing et frappa trois coup sec à la porte. Maintenant que les dés étaient jetés, Charly ne pouvait plus faire demi-tour.
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MessageSujet: Re: Some questions are better left unspoken ♢ Cináed   Dim 28 Fév - 19:05


Charly & Cináed


« Qu’est-ce que tu fais ? » Maisie, sa petite sœur, se tenait dans l’encadrement de la salle de bains, les cheveux encore mouillés. Elle sortait ce soir avec des amis et bien que ça ne plaisait pas à Cináed, cette fois-ci, il n’avait rien à dire. Ce n’était pas faute d’avoir essayé de l’embarquer avec elle, de lui faire voir du monde mais comme toujours, l’aîné avait prétexté du travail. C’était toujours les mêmes excuses pour éviter les sorties nocturnes qui impliquaient un groupe de personnes et beaucoup de bavardage futile, plus de bavardage qu’il n’était en mesure de supporter. Au contraire de la jolie blonde, le fils n’avait jamais été si enthousiaste à l’idée de se mêler aux autres. Mais ce qu’elle pouvait prendre pour de l’asociabilité, ou plutôt un excès de sérieux comme elle aimait dire pour le taquiner, Cináed estimait que ça n’était que prudence. Elle ne pouvait pas comprendre les conséquences malheureuses voire désastreuses qui pouvaient résulter d’un tel attroupement d’inconnus. A la bêtise et l’inconscience humaines, se mêlaient des facteurs qui lui demeuraient encore inconnus et qui représentaient le risque ultime pour l’archiviste qu’il était. Il avait bien essayé de la dissuader de sortir en boite avec ses copines, de crainte qu’elle ne se fasse attaquer par un vampire zélé, de l’empêcher d’aller étudier à la bibliothèque un soir de pleine lune de peur qu’un jeune loup ne se contrôle pas et même une fois d’aller faire des courses dans un nouveau supermarché parce qu’on ne savait jamais… Peut-être qu’un sorcier dépressif déciderait d’embraser les lieux. Mais plus elle grandissait, plus le grand frère devait face à son impuissance de protecteur, d’homme de la maison. La cohabitation était toujours emprunte de complicité, de rires, d’affection mais aussi beaucoup de doutes, d’appréhension, de précautions prises sous les yeux d’une Mairead aveugle. Il la savait intelligente, il savait qu’elle se posait des questions au sujet de sa propre personne. Après tout, elle était unique. Mais elle ignorait tous les efforts que sa sécurité et son ignorance requéraient et c’était mieux ainsi : il était prêt à passer pour le trentenaire aigri reclus dans ses livres si toutefois ça pouvait lui épargner des interrogations et de la douleur. « C’est pour une future expo à la galerie. J’étudie des légendes lupines du Moyen-Âge anglosaxon entre le… » Ses doigts s’égarèrent entre les vieux papiers, les manuscrits, les documents dactylographiés qui jonchaient le parquet ancien du salon. C’était là qu’il travaillait le plus efficacement : sous les yeux de sa sœur, et assis par terre près de l’âtre qui brûlait encore en cette fin d’hiver. « … Xè et XIè siècle, dans les petits villages perdus des Highlands. Surtout pas dans les capitales du royaume, c’est trop grand. Un coup de main ? » Il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil par-dessus son épaule pour guetter la réaction habituelle de Maisie. Sa mine déconfite lui arracha un rire et tandis qu’il passait sa main dans ses cheveux pour les rabattre sur son crâne, son visage s’adoucit : « Vous pouvez partir faire la fête en toute tranquillité, mademoiselle. Mais surtout soyez sûr que je serai derrière cette porte, qu’importe l’heure à laquelle vous rentrez. Je tiens à te border moi-même. » Il n’essaya même pas d’éviter la petite tape outrée que lui asséna sa petite sœur avant de retourner à ses préparatifs.

Au même titre des milliers de lectures qu’il avait avalées au cours de sa vie, Cináed était parfaitement capable de se rappeler de ces moments insouciants avec Mairead. C’était peut-être cette mémoire surentrainée qui préservait autant qu’elle menaçait cette entente au sein de cette fratrie peut-être pas biologique mais si chérie. Voilà plus d’une heure qu’elle était partie et après les dernières recommandations, Cináed s’était immédiatement replongé dans ses travaux qui n’étaient pas du tout destinés à une quelconque exposition à la galerie mais bel et bien pour le compte de la Talamasca. Ou plutôt pour son compte personnel. Depuis ces derniers événements durant la Burns Night, le cas des loups-garous devenait de plus en plus obsédant. En l’espace de quelques semaines, sa route avait trop croisé d’autres vies lupines pour ne pas éveiller ses soupçons et surtout sa curiosité scientifique. Il avait besoin de comprendre par lui-même, loin des travaux conventionnels de la communauté. Et ça passait par les origines de la race et la genèse des premiers récits. Son crayon grattait à une allure frénétique sur son carnet, recueillant ça et là des impressions et des questions, puis il fut interrompu par trois coups à la porte. Il releva les yeux vers sa fenêtre qui donnait sur une pleine lune qui n’allait pas tarder à exhiber sa rondeur primitive et complète. Un frisson désagréable le parcourut avant qu’il ne daigne se lever pour aller ouvrir. Il aurait dû se fier à son instinct car Charly se tenait devant lui, fébrile et certainement pleine de questions. « Charly, hey, ça va ? » Cináed n’avait d’autre choix que de feindre l’indifférence face à cette jeune fille dont la vie était chamboulée à jamais. Elle avait peut-être encore un peu de répit, peut-être que la lune ne frapperait pas cette fois. Et ce fut cette croyance si stupide, si naïve qui le poussa à s’écarter pour la laisser entrer.

« Tu as besoin de moi pour une déposition ? Les flics ne savent toujours pas se débrouiller seuls ? » Il faisait référence à l’agression de la demoiselle qui devait être la seule chose qui l’importunerait. Surtout pas ce qui allait arriver, surtout pas ce qu’elle avait pu voir à la Burns Night. D’ailleurs s’en souvenait-elle ou bien avait-elle subi le même sort que tous les humains ce soir-là ? L’œil affuté de Cináed remarqua une légère pellicule de sueur naître sur le front lisse de la jeune femme et soudain, les regrets l’envahirent. « Tu veux boire quelque chose ? » entonna-t-il, avec une bienveillance qui aurait étonné quelqu’un qui le connaissait davantage. Il poussa d'un mouvement du pied les dessins horrifiants qui traînaient sur son chemin jusqu'à la cuisine.
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MessageSujet: Re: Some questions are better left unspoken ♢ Cináed   Lun 21 Mar - 22:59

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Il était trop tard maintenant pour reculer. Charly avait fait le premier pas, et ce faisant, elle avait l'impression d'avoir mis le doigt dans un engrenage dont elle ne pourrait se défaire. Elle devait assumer. Ou espérer que Cinead soit absent ce soir et que sa tentative de contact reste vaine et ignorée. Mais à peine était-elle effleurée par cette pensée qu'elle distingua des bruits de pas de l'autre côté de la porte. Elle tressaillit tant ce son infime lui paru soudainement proche et envahissant. Depuis quand avait-elle une ouïe aussi fine ? Soudainement, elle était bien moins sûre d'elle et elle se demandait si elle n'avait pas fait une erreur en venant jusqu'ici sans y être invitée. Après tout chercher des réponses voulait dire qu'elle allait devoir se confronter à ce que Cinaed allait lui dire, que ça lui plaise ou non. Et Charly était tellement perdu ces derniers temps qu'elle ne savait plus trop si elle voulait connaître la vérité ou si celle-ci lui faisait peur. Le couloir vide lui paru bien attirant et l'espace d'une seconde, elle hésita à faire demi-tour, laissant l'écossait découvrir le pas de sa porte vide. Mais une petite voix lui disait qu'elle ne pouvait se comporter comme une enfant, fuir la réalité ne la rendrait pas plus douce. Alors elle se tenait toujours là quand la porte s'ouvrit, découvrant la silhouette de celui à qui elle devait la vie. « Charly, hey, ça va ? » Son ton amical et sa manière de s'adresser à elle désarçonnèrent l'étudiante. Elle ne savait pas à quoi elle s'était attendue, mais pas à ça. Après tout, ils n'étaient que deux inconnus, liés par cette nuit terrible, mais tout de même des inconnus. Cependant, elle devait bien avouer qu'elle ne gardait que peu de souvenirs de son attaque et de la matinée qui avait suivi. Alors, les échanges qu'elle avait pu avoir avec Cinaed à son réveil étaient encore plus flou dans son esprit. Elle avait l'impression qu'ils n'avaient échangé que quelques mots et qu'elle était partie sans même réaliser ce qu'il se passait, mais de toute évidence, elle devait se tromper. Une chose était sûre, elle avait été trop secouée pour exiger des réponses à ses questions, mais elle espérait pouvoir combler ses lacunes ce soir.

Troublée par les tours que semblait lui jouer sa mémoire Charly suivi l'hôte dans sa demeure, s'efforçant de ne pas poser son regard partout autour d'elle pour ne pas paraitre curieuse. Elle l'était bien assez sur sa propre condition pour se laisser distraire. « Tu as besoin de moi pour une déposition ? Les flics ne savent toujours pas se débrouiller seuls ? » Sortant de ses pensées, l'étudiante fixa Cinaed sans comprendre. Elle cligna des yeux pour revenir sur terre. Elle avait été tellement fixée sur son objectif d'apprendre tout ce que son sauveur pouvait lui dire sur la personne -la chose ?- qui l'avait attaquée qu'elle n'avait pas pensé un seul instant au rôle qu'il pourrait jouer auprès de la police d’Édimbourg. En vérité, elle n'avait pas pensé à grand chose en venant trouver Cinaed, elle s'était sentie trop agitée pour ça, et même maintenant qu'elle lui faisait face, elle avait du mal à réfléchir correctement. Il avait raison, la police l’appellerait certainement dans les jours à venir afin de recueillir ses propos, pourtant Charly secoua la tête, et s'arrêta presque aussitôt dans son geste en sentant un début de mal de crâne s'installer. « En fait je venais te remercier pour la dernière fois. » Bien que mal à l'aise, elle s'efforça d'adopter un ton détaché. Elle avait vaguement conscience de changer de sujet, mais elle avait l'impression que si elle ne s'exprimait pas maintenant, elle n'en aurait plus le courage. « Je sais plus trop ce qu'il s'est passé, mais j'ai un peu l'impression d'être partie comme une voleuse. » Vu comme son esprit se jouait d'elle ses dernières semaines, Charly ne savait plus vraiment ce qu'elle devait croire ou non. Son agression, son état de fébrilité depuis et les évènements de la Burns Night, tout cela semblait avoir raison d'elle, la plongeant dans une douloureuse incompréhension dont elle espérait que Cinaed pourrait d'aider à sortir. Notamment en commençant par lui parler de cette nuit où elle avait repris conscience chez lui après qu'il l'ait aidé. Elle savait qu'ils avaient discuté, mais elle savait également qu'elle n'avait pas obtenu de réponses à ses questions. Il s'en était tenu aux informations basiques, qui il était, où elle était, ce qu'il s'était passé. Quelques phrases tout au plus. Et puis elle était partie, elle ne se souvenait même plus comment, ni pour quelle destination. La clinique ? Le poste de police ? Tout le reste était confus. Et maintenant d'autres interrogations s'étaient superposées aux premières. « Alors merci. » Conclut-elle dans un petit sourire. Peut-être aurait-elle dû en dire plus, faire preuve de davantage d’enthousiasme. Il lui avait sauvé la vie après tout. Mais elle était sincère et quelque chose lui disait que Cinaed n’était pas du genre à apprécier les effusions d’affections. C’était sûrement mieux ainsi, Charly lui était reconnaissante, mais elle ne voulait pas avoir l’impression de lui devoir quelque chose, surtout quand elle ignorait toujours de quoi il l’avait sauvé exactement. Alors elle se contenta de ces quelques mots, en espérant qu’il entende la sincérité qui résonnait dans ses mots. « Tu veux boire quelque chose ? » A quelques pas de distance, elle le suivit jusque dans la cuisine. S’efforçant de se faire discrète, elle s’appuya contre l’encadrement de la porte. Se rendre de la sorte chez un inconnu sans y être invité n’était pas vraiment dans ses habitudes, ni même dans son caractère, elle ne savait pas trop comment elle devait se comporter, ou comment elle devait s’adresser à Cinaed. A part celui de l’inconnu qui avait été là pour l’aider quand elle en avait eu le plus besoin, elle ne savait pas trop quel statut lui donner. Elle avait toujours été timide, et ce qu’elle faisait en ce moment était en opposition avec son caractère naturel. Mais tout lui paraissait chamboulé ces derniers temps alors elle s'efforça de ne pas y porter attention. « Je veux bien un peu d'eau, merci. Je me sens... je sais pas. » Lança-t-elle hésitante.

C’était la vérité, elle ne savait pas. Elle ne savait plus. Comment elle se sentait ou où elle en était. Depuis l’agression plus rien ne tournait rond chez elle. Elle passait d’une émotion à l’autre sans la moindre explication. D’enjouée elle, devenait épuisée par un mal de crâne soudain ou irrité par un détail futile. Elle réagissait à tout, presque instinctivement, sans même avoir besoin d’y réfléchir. Et même ses sens semblaient s’appliquer à la rendre folle. Elle ne comprenait plus rien, et ça lui faisait peur. Elle croisa les bras sur son ventre et s’efforça de faire le tri dans ses pensées. Si elle faisait part de ses doutes à Cinaed il, allait la croire folle. « C'est possible que la police t'appelle par contre. Je ne me souviens plus de grand chose de ce soir-là, mais je leur ai donné ton nom. » Finit-elle par lancer en levant le regard vers lui. Elle espérait que ça ne le gêne pas qu’elle ait donné son nom à l’inspecteur qui avait pris sa déposition. Au fonds, ça lui avait paru naturel et elle ne voyait pas pourquoi elle aurait caché une telle information à la police, il l’avait aidé et il pouvait peut-être contribuer à l’enquête. « Peut-être que toi, tu pourras répondre à leurs questions. » Elle haussa de nouveau les épaules, tentant de paraitre détendue alors que la nervosité la gagnait lentement, s’ajoutant à ce sentiment d’agitation qui la rongeait depuis la fin de la journée. Au fonds, elle ne portait pas une grande attention aux questions de la police, ayant perdu connaissance rapidement lors de son agression, elle n’avait pu répondre qu’à peu de leurs interrogations et elle doutait qu’ils parviennent à identifier son assaillant. Elle n’avait pas soif de justice ou de vengeance, elle voulait comprendre ce qui lui était arrivé. Et surtout ce qui lui arrivait en ce moment. Si Cinaed n’avait pas de réponse à donner à la police, elle espérait qu’il pourrait lui en donner à elle. « Est-ce que... Est-ce que tu peux m'en dire plus sur la personne qui m'a fait ça ? » Commença-t-elle hésitante. C’était pour ça qu’elle était venue frapper à sa porte, pas uniquement des remerciements maladroits. Elle referma ses doigts sur le tissu de sa veste pour tenter d’en maîtriser les tremblements infimes qui les secouaient. Une note d’espoir avait percé dans sa voix, mais elle espérait que l’écossais n’y ait pas prêté attention, quelque part, elle ignorait s'il avait s’agit d’espoir ou de peur. Cinaed l’avait déjà secourue une fois et elle avait le sentiment qu’il était le seul à pouvoir l’aider à comprendre ce qu’elle vivait. « Tu as vu quelque chose ? » Une foule de questions se pressaient contre ses lèvres et se bousculaient dans son esprit. Elle aurait voulu pouvoir les faire sortir en un instant, pour obtenir des réponses le plus vite possible. Mais la vérité était qu'elle ne connaissait pas Cinaed et qu'elle ne pouvait décemment pas le couvrir d'interrogations de la sorte, quelque chose lui disait que ce ne serait pas le bon moyen pour obtenir des réponses. Elle allait devoir faire preuve de patience. Mais, elle qui était habituellement un modèle dans ce domaine avait la désagréable impression que ça lui serait bien difficile cette fois-ci.
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